Peut-on être minimaliste ET survivaliste ? (et que vient faire Bob là dedans ?!)

Survivalise minimaliste

A vrai dire tout dépend des cas, du lieu d’habitation, du pays, des ressources disponibles ou non en cas de catastrophe. Dans ma situation, je me suis rendu compte que pour augmenter mes éventuelles chances de survie, mieux vaut n’avoir qu’un minimum de possessions matérielles.

Mais soyons plus précis…

• Un survivaliste, c’est quelqu’un qui veut… survivre ?

Oui. Si possible à toutes formes de dangers quotidiens et urbains.

Mais aussi à la fin du monde. Tel que nous le connaissons.

Non qu’il la désire ou soit persuadé qu’elle viendra, mais l’histoire nous montre que des changements brutaux de civilisation peuvent arriver du jour au lendemain. Sans aller jusque là, un désastre personnel ou global arrive très vite, le séisme d’Haïti de 2010 en est un douloureux exemple.

Se préparer proactivement au pire plutôt qu’espérer ne pas être pris au dépourvu, c’est l’essence de cette philosophie.

Comme le résume Le Survivaliste dans l’histoire de la Cigale et la Fourmi, le survivaliste est la fourmi. 🙂

• C’est la cigale la minimaliste ! Pas la fourmi !

En apparence, on pourrait voir ces deux chemins de vie comme contradictoires :

– Le minimaliste cherche à se dépouiller au maximum de ce qu’il n’utilise pas. Il cherche avant tout la liberté.

– Le survivaliste se prépare du mieux qu’il peut à toutes formes de dangers, le plus souvent en collectionnant des outils et des gadgets juste « au cas-ou ». Sa préoccupation est la sécurité.

Et pourtant, comme vous pourriez l’apprendre dans n’importe quel cours de self-défense de qualité, la meilleure défense reste la fuite. La sécurité peut se gagner grâce une liberté de choix et une souplesse d’actions.

• Ma situation qui concilie les deux approches

J’habite en Nouvelle-Calédonie. Une île magnifique ou il fait bon vivre. Un véritable paradis, qui aurait pu devenir un enfer global en 1984-1988 lors de ce qui est euphémiquement appelé Les Evènements.

Hélas, les tensions sociales sont encore très fortes ici. Loin de moi l’envie de rentrer dans les détails ou de prendre position, mais il est possible, seulement possible, qu’une telle situation se reproduise. Il suffirait d’un rien.

Il est possible, comme cela est arrivé en Algérie ou au Vanuatu (qui était alors appelé Nouvelles-Hébrides) qu’un gouvernement indépendantiste se décide à mettre à la porte une partie de la population résidente, les invitant « cordialement » à retourner en Europe.

Je serais pas dans la merde si ça devait arriver… Même si j’y suis né, je n’ai jamais vécu en Europe car je suis arrivé en Nouvelle-Calédonie à l’âge de deux ans et j’y ai vécu toute ma vie depuis.

Dans tous les cas…

• Je ne partirais pas sans BOB !

BOB pour « Bug Out Bag » ou « sac d’évacuation ».

Celui que vous choppez quand vous devez fuir. Immédiatement. Sans poser de questions. Il doit être complet, mais aussi ergonomique pour accéder le plus rapidement possible aux matériels de soin, et autres accessoires de survie.

Avoir un gros sac à dos chez soi qui attend bêtement une catastrophe c’est pas non plus très minimaliste me diriez-vous hein ?

Sauf si le gros sac en question je le porte tous les jours avec moi ! A pied et à vélo. Et qu’il me sert aussi pour faire tout ce à quoi me sert mon petit sac de ville actuellement : transporter de la paperasse administrative, mon téléphone portable et mon porte-feuilles.

Alors c’est clair, ce ne sera pas un BOB à l’américaine avec 10 litres d’eau et une mini-tronçonneuse (oui oui certains en ont vraiment dans leurs sacs !), mais je pense qu’il offrirait l’assurance du survivaliste tout en gardant la souplesse du minimaliste si je choisi avec soin les éléments qui le constitueront.

Pour se faire je suivrais les conseils que l’on peut trouver sur :

Alors ? Cigale ou Fourmi ? Ma réponse est Escargot ! (de course of course ! ) 😉

Que pensez-vous de cette démarche ? Si vous aviez 10 minutes pour quitter votre appartement, votre ville ou votre pays, paniqueriez-vous ou savez-vous déjà ce que vous emporteriez ?

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23 Comments

  1. c’est marrant, si l’on, peut dire, car mon approche minimaliste est parti de ce concept de survie, même si je n’en ai parlé qu’à demi mot.
    mon idée de départ, ça a été de me dire  » quels sont les objets que je voudrais garder avec moi si toute ma maison devait être détruite ?  » et c’est comme ça que j’ai commencé mon défi des 100 choses.
    J’aime beaucoup ton approche survivaliste et l’idée du BOB.
    je suis impatiente de voir ce que tu vas mettre dans ton sac.
    je suis comme toi pour la prévention !

  2. quand j’y pense, j’ai regroupé dans mon sac à main  » tout » ce qui est important à mes yeux, mes papiers d’identité, une dizaine de photos qui me sont chères, j’ai aussi une petite pharmacie de secours (bon ça, c’est plus pour mes enfants) avec pansements, sérum phy, compresse …
    Donc si je devais quitter ma maison, je prendrais mon sac et un change, un bidon d’eau et un couteau.

    Je pense que des pastilles de décontamination d’eau seraient bien utiles en cas de grosses catastrophes… ainsi que du feu … bon, je vais me pencher sur le sujet, c’est passionnant !

    1. Eh bien bravo Adeline ! Je ne connais personne personnellement (dans la vraie vie physique ou existent les vrais gens ^^) qui ait déjà mis en application ce conseil d’être prêt à l’évacuation !
      C’est intéressant de voir que c’est la recherche de la sécurité qui t’ai amené au minimalisme. Liberté, richesse, sécurité… je n’ai pas trouvé d’autres raisons pour l’instant qui puisse pousser quelqu’un à choisir ce mode de vie léger. 🙂

      Merci de partager ton expérience. Nous explorerons au fur et à mesure les moyens d’optimiser un BOB lorsque je m’y mettrais sérieusement, mais les liens que j’ai donné sont déjà largement suffisants. 😉

      Merci également poru le lien du blog de Lori Painter, je ne connaissais pas, et j’apprécie particulièrement son idée du « Self Reliance Challenge ». Je garde ça en tête, ça ferait un chouette défi du Developpement Personnel.org ! 😉

  3. Sujet intéressant auquel j’ai souvent été confronté si on peut dire… J’ai déménagé pas mal de fois dans ma jeunesse, dans la précipitation ou avec quelques semaines de prévention. N’ayant pas beaucoup de moyens avec ma mère, on ne prenait que l’essentiel (qui me suit encore aujourd’hui) souvent on devait donner beaucoup de nos affaires fautes de places ou de possibilité à déménager. Alors ce que j’ai appris c’est à ne pas m’attacher aux choses, bien sure maintenant ma console (ma télé et j’en passe), j’aimerai bien que toutes mes affaires me suivent mais si je dois partir, je suis prêt à tout abandonner et recommencer ailleurs. C’est ce que j’ai fait quasiment toute ma jeunesse alors le changement, pour moi, ça m’excite beaucoup! Changer d’endroit, de meubles, recommencer à zéro j’adore car toutes les perspectives changes! L’imprévu on sait jamais quand ça arrive mais c’est vraiment bien, pour moi je précise. Alors je crois que moi je serais le minimaliste pour partir, mais sur place je serais un survivaliste. Peut être que je me donnerai le nom d’adaptationniste…?? (ou adaptateur? TADAA lol)

    1. Ah ben c’est marrant ça, j’ai déménagé plus d’une dizaine de fois durant mon enfance-adolescence et moi aussi j’ai du apprendre à laisser objets et amis derrière soi. Ca doit être commun aux mecs du Mont-Dore ! 😉

      Et en effet, le changement est excitant. Une des raisons qui m’a poussé à me lancer dans l’aventure minimaliste, je dois l’avouer, et je comptais en faire un prochain article, c’est parceque je n’ai jamais réussi à vraiment me fixer depuis… En février ça fera un an que j’habite dans un appartement avec ma petite soeur. Oh ça se passe bien et avec le « sentiment » de se fixer j’ai commencé à me lancer dans des loisirs onéreux (airsoft), à acheter des choses pas très utiles (accessoires, bibelots, etc). Tout ça pour réaliser que « se fixer » n’est pas satisfaisant au final… c’en est même encombrant mentalement, spirituellement…

      Adaptationniste ? (adaptateur loool) J’aimerais juste partager cette belle citation de H-G Wells, tiré de son livre « La machine à voyager dans le temps » :

      « There is no intelligence where there is no change and no need of change »

  4. Je suis d’accord avec toi, j’ai parfois l’impression de faire du sur place alors que ça ne fait qu’un an que je suis dans l’appart. Mais après jme dis que je me pose pour mieux repartir après. Par contre j’aimerai plus me poser dans une maison « stable » pour ensuite partir en vadrouille partout en sachant que j’ai un pied à terre pour ma période fourmi.

  5. Et ben les gars, on dirait qu’on a pas mal de choses en commun au final.

    J’ai aussi passé mon enfance à déménager, je suis rarement resté plus de 3 ans dans une ville, j’ai même vécu (les) 6 (premiers) mois (de ma vie) en Irak, me demandez pas comment c’était 😀

    Depuis mon arrivée en octobre 2007 en Nouvelle-Calédonie c’est la même, j’ai déjà habité dans 6 logements différents.

    J’ai souvent traîné un sacré bordel avec moi mais aujourd’hui, aucun problème pour bouger le moment venu, et bazarder un max. Les seules choses qui pourraient me ralentir dans ma situation actuelle sont mes animaux, et mes livres.

  6. Article sympa.
    Ici au Canada, sachant que l’hiver peut être très rude, les gens sont un peu survivaliste : la plupart d’entre eux ont un sac dans la voiture avec des affaires comme des couvertures, ou bien des vestes chaudes, au cas où il tomberaient en panne par temps de blizzard, en pleine nuit. Sortir alors de la voiture serait alors de la folie, la seule chose à faire est d’y rester jusqu’au jour et attendre les secours. C’est assez dingue tout ça.

    Tout ça pour dire que selon les pays où on habite, plus le climat est terrible pour l’homme, plus les gens sont prêt à faire face au pire. Instinct de survie.

  7. Intéressant de mettre en lien liberté et sécurité, tout en restant dans une perspective minimaliste. Du coup, avoir un BOB se justifie entièrement. Bien qu’il puisse être plus ou moins réel, plus ou moins créé dans la réelle perspective d’une catastrophe. A défaut d’une tronçonneuse, j’y mettrais un couteau suisse, patriotisme oblige!

    Bravo pour ton blog, il est intéressant et avec une pointe d’humour qui ne gâche rien! Je reviendrai avec plaisir!

  8. Même si jouer les ascètes sorties de la Grèce antique est une forme de survie, je n’aime pas les rhétoriques basées sur la peur.
    On ne battit pas sur du négatif… j’aime le principe d’un minimalisme libérateur, mais je récuse l’idée qu’il doive se fonder sur une absence d’attache.

    J’éviterais donc la perspective d’un catastrophisme suranné (avec le cas calédonien) pour défendre l’emploi d’un BOB illusoire. Déjà parce qu’il serait forcément insuffisant (OK j’ai une tronçonneuse… merde, mais où est mon sandwich ;)) et ensuite parce qu’il pousse à posséder du superflue en temps de « paix ».

    Je reste cependant intéressé par ton blog alors continu.

    1. Ah ! Je me demandais quand j’allais enfin recevoir une critique le fait d’avoir parlé de l’avenir Néo-Calédonien ! 😉
      Le survivalisme ne se base pas sur la peur, mais sur la précaution.

      Il y a toute une gamme de nuances entre la paranoïa et l’hédonisme inconscient. Le survivaliste non-extrémiste tente de se placer à l’équilibre de ces deux poles : gérer au mieux sa protection personnelle présente ET future (se préparer au pire) tout en profitant au mieux du moment présent.

      Je suis persuadé que notre civilisation de Distraction nous permet trop facilement d’oublier à quel point nous sommes fragiles et à quel point tout peut basculer. Eprouverais-tu une forme de « peur » en lisant cette dernière phrase ?
      Non… c’est juste un fait. Et il n’est négatif tant que l’on ne l’accepte pas et qu’on n’oeuvre pas en en prenant compte.

      Tu saisis ce que j’essaies de dire ?

      Ensuite, est-ce que mon BOB sera illusoire ? Nous le verrons bien lorsque je l’aurais confectionné, nous aurons alors tout loisirs d’en débattre et de m’aider à l’améliorer. 😉
      Le principe d’un bon BOB c’est de pouvoir tenir en moyenne 3 jours pour attendre les secours (c’est le temps moyen pour recevoir une aide internationale en cas de groooooos pétrin).
      Donc, comme je l’ai dit, je ne prends PAS de tronconneuse, mais plutôt des rations, de quoi se soigner, etc.

      A suivre ! 😉

  9. Bonjour Damien,
    Je suis survivaliste depuis des années. Et bien qu’ayant prévu en détails la possibilité de fuir. Ma préparation est principalement basée sur la défense de la maison et la capacité à y vivre en autonomie.
    j’en parle sur mon blog:
    http://www.terre-nouvelle.fr/category/survivalisme
    Le survivaliste doit tout faire pour ne pas devenir un réfugié et cela implique des choix au niveau de son lieux de résidence.
    L’autonomie implique une forme de frugalité ou d’économie qui rejoint ton idée du minimalisme.
    Bonne chance pour la suite.
    Emmanuel

    1. Le survivalisme familial ! Excellent !

      Il y a plein de conseils très sympas sur ton blog, peut-être pas adaptés pour tous (pas pour moi d’ailleurs…) mais qui méritent d’être connus et retenus.

      Je te souhaite bonne continuation Emmanuel, à bientôt.

  10. Salut à toi Damien , très bonne article.
    Moi je suis calédonien , un vrai un pur , depuis déja pas mal d’année je pense aux années qui se raprochent des prochaine échéances pour la nouvelle Calédonie , je me suis déja préparér à tous laissé sur place si je devait « PARTIR » , bon je suis aussi un peu parano , mais ça c’est autre chose
    Ton astuce du BOB je vais y pensé , sur moi j’ai toujours mes papiers , on ne sait jamasi meme pour dormir.
    Je suis a la recherche de quel que conseille pour le survivalisme , par exemple au niveau de l’eau et des énéergie ( on ne sait jamais ) .

    1. Salut Leobeam, merci pour ton commentaire.

      Sans tomber dans la parano se préparer est en effet toujours mieux qu’espérer bêtement que rien de facheux ne se passera !

      En ce qui concerne l’eau, j’ai récemment trouvé, commandé et reçu une Lifestraw : http://www.lifestraw.com.au/
      Ce truc est génial et peut être très utile, même dans des situations qui ne sont pas catastrophiques ! 🙂

      Pour l’énergie je ne sais pas trop quels sont tes besoins je ne saurais pas trop dire.

      Bonne continuation !

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